Règles douloureuses : la faute au stress ?

Les règles douloureuses concerneraient 40 à 90 % des femmes. Crampes abdominales, maux de tête, grande fatigue ou douleurs diffuses, ces gènes peuvent se transformer en véritable calvaire au quotidien. Comment en effet être efficace au travail comme à la maison quand on a juste envie de s’allonger et de souffler ? Vous cherchez à comprendre l’origine de tous ces désagréments ? Et si le stress ou l’anxiété venaient intensifier vos douleurs ? Faites le point et trouver la solution pour enfin vous soulager.

Stress et dysménorrhées : que dit la science ?

Des variations hormonales

Les douleurs pendant les règles font partie des troubles gynécologiques les plus fréquents chez les femmes. Les crampes au bas-ventre sont majoritairement dues à un déséquilibre de prostaglandines, ces hormones qui stimulent les contractions utérines en période menstruelle. Lorsque celles-ci sont particulièrement intenses, les petits vaisseaux du muscle utérin se compriment et privent en effet celui-ci d’oxygène (hypoxie). Les douleurs peuvent alors irradier le dos, le haut des cuisses, mais aussi provoquer nausées et diarrhées. Les maux de tête seraient quant à eux liés à la chute d’œstrogènes au début des règles.

L’incidence du stress

L’impact des fluctuations hormonales sur le bien-être féminin a donc clairement été mis en évidence. Toutefois, en 2004, une équipe de chercheurs chinois et américains a tenté d’aller plus loin en étudiant l’influence du stress sur les dysménorrhées.

Ils se sont alors penchés sur le cas de 388 femmes en bonne santé et sans enfant, mais qui ne prenaient plus la pilule car elles avaient un désir de conception. Durant une année, elles ont été invitées à renseigner un « carnet de bord », dans lequel elles décrivaient leurs menstrues, mois après mois. Ils ont ainsi pu étudier 1 160 cycles menstruels afin d’évaluer l’incidence de l’anxiété sur l’apparition des douleurs.

Résultat : cette étude a mis en évidence un lien significatif entre le stress et les dysménorrhées, particulièrement chez les femmes ayant des antécédents de règles douloureuses.

« The risk of dysmenorrhoea was more than twice as great among women with high stress compared to those with low stress in the preceding cycle (OR = 2.4; 95% CI 1.4 to 4.3). The risk of dysmenorrhoea was greatest among women with both high stress and a history of dysmenorrhoea compared to women with low stress and no history of dysmenorrhoea. »

Stress and dysmenorrhoea: a population based prospective study

[ NDLR : « Le risque de dysménorrhée était plus de deux fois plus élevé chez les femmes très stressées que chez celles faiblement stressées au cycle précédent. Le risque de dysménorrhée était plus élevé chez les femmes présentant un stress élevé et des antécédents de dysménorrhée que chez celles ayant un stress faible et n’ayant aucun antécédent de dysménorrhée. » ]

Réduire son stress, quand on souffre de règles douloureuses, apparaît donc ici comme une piste à explorer pour les femmes concernées.

Si le stress semble avoir un impact sur l’intensité des dysménorrhées, il peut également entraîner d’autres troubles menstruels :
– un retard, voire une absence de règles (aménorrhée)
– des cycles irréguliers, soit trop courts, soit plus longs que la normale
– une ovulation plus aléatoire, et par conséquent des difficultés à procréer

Stress au travail, surmenage professionnel ou personnel, imprévus qui s’accumulent, les nerfs des femmes sont parfois mis à rude épreuve et un désordre dans vos règles peut être un signal d’alarme.

Réduire son stress pour calmer ses douleurs de règles

Vous êtes de nature anxieuse, avez du mal à gérer votre stress ou avez connu un événement lourd à gérer émotionnellement ? Et si vous mettiez tous les chances de votre côté pour réduire vos dysménorrhées et autres troubles menstruels ?

Repos et sport : le couple gagnant

On ne le répétera jamais assez mais un sommeil de qualité est essentiel pour affronter les tracas de la vie. Ne sacrifiez pas le début de votre nuit pour des tâches qui peuvent attendre ou des émissions TV sans véritable intérêt. Allez vous coucher dès que vient l’envie de dormir !
Vous éprouvez un coup de fatigue dans la journée ? Si cela vous est possible, notamment le week-end, laissez-vous tenter par une sieste. Vous vous réveillerez plus détendue et reposée.

L’activité sportive peut également vous faire du bien. Marche, jogging ou natation, l’essentiel est de prendre un bon bol d’air, de mobiliser votre corps et de lui (vous) faire du bien. Concentrée sur l’effort, vous aurez moins l’esprit à gamberger. Vous vous déconnecterez ainsi quelques instants de votre source d’anxiété, ce qui est absolument nécessaire !

Les méthodes douces

Il existe également de nombreuses médecines et pratiques alternatives qui peuvent vous aider à mieux gérer votre anxiété, et ainsi vos douleurs pendant vos règles.

Le yoga figure parmi les méthodes les plus simples à mettre en place. Internet regorge en effet de vidéos inspirantes et ouvertes aux débutantes. Certains mouvements sont même entièrement tournés vers l’apaisement dès règles douloureuses. Même si un enseignement personnalisé est bien sûr idéal, vous pouvez vous lancer seule, sans même sortir de chez vous !

Autre pratique possible à domicile : la méditation. À raison de 10 minutes quotidiennes, vous pouvez vous offrir un moment de détente et une introspection bienveillante. Il existe là aussi de nombreuses méditations guidées sur internet ou en librairies.

Besoin de vous faire accompagner par un professionnel ? L’ostéopathie, l’acupuncture ou encore la naturopathie peuvent vous aider à réduire votre stress et vos douleurs.

Laissez-vous masser, parler de ce qui vous soucie et prenez soin de vous, votre corps vous remerciera !

Toutefois, si vous avez un doute, que vos douleurs persistent ou s’amplifient, notamment en dehors de vos règles, parlez-en à votre généraliste ou votre gynécologue. Seul l’examen d’un professionnel vous assurera de l’absence d’une pathologie (endométriose, fibrome, kystes ovariens, etc.).

Références
Wang L, Wang X, Wang W, et al Stress and dysmenorrhoea: a population based prospective studyOccupational and Environmental Medicine 2004;61:1021-1026.

Les données collectées sur ce site sont le fruit de recherches personnelles et n’engagent pas la responsabilité de son auteur. Elles ne valent aucunement prescription médicale et ne sauraient se substituer aux conseils d’un professionnel de santé.

Photo de une : Natalia Figueredo / Unsplash

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